LETTRE À MES FILLES ET À MON CHUM D’UNE MÈRE BIPOLAIRE

LETTRE À MES FILLES

Mes amours, maman ne se sent pas très bien c’est temps-ci. Maman a des bobos dans sa tête, mais ils sont invisibles. Des bobos qui sont comme des petits monstres qui jouent des tours dans son cerveau. Parfois, ils la font pleurer, d’autres fois, ils la font crier et ils lui donnent aussi de supers pouvoirs. J’aurais tant aimé être une mère ordinaire pour vous. Une maman pleine de vitalité au quotidien, toujours là pour vous écouter quand vous revenez de l’école, pour vous faire un bon souper et pour vous border. Toutefois, maman préfère rester au lit, car elle est très fatiguée de sa journée au travail, un peu comme vous lorsque vous revenez de jouer dehors avec vos amis. Parfois, j’ai peur de déteindre sur vous, de ne pas être un bon modèle. Je vous remercie de prendre soin de moi quand j’ai de la peine et de m’aimer, même s’il m’arrive de crier. Maman a tellement de sortes d’« émojis » dans sa tête et dans son cœur… La bonne nouvelle, c’est que dans mon monde d’exagération, je vous aime encore plus fort!

LETTRE À MON CHUM

Mon amour, je te remercie de m’accepter tel que je suis et de me faire sentir normale, même si je me sens comme un extra-terrestre lorsque ça va mal. Merci d’avoir été là pendant ma longue dépression et de ne pas essayer de me décourager lorsque je suis dans mes « highs » avec mes 10 000 projets. Mon diagnostic est tout de même récent, alors je dois apprivoiser la bête, seule, à deux et en famille. Tu dois apprendre à « dealer » avec mon impatience de maman et venir à ma rescousse. Ces moments dépressifs sournois où soudainement, la terre arrête de tourner et que ma vie, c’est d’la « marde », ça ne doit pas être facile à gérer pour toi. Sache que ma vie n’est pas vraiment de la « marde » … Nous sommes chanceux d’être là l’un pour l’autre et d’avoir nos beaux enfants, si intelligents et en santé. J’ai juste un petit défaut de fabrication dans ma tête. Tu sais que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour me stabiliser et avec le temps, j’y arriverai. Dis-toi que ce diagnostic est encore très difficile à accepter pour moi et, certains jours, j’aurais envie de tout arrêter (traitements, médication, etc.), mais je persévère quand je pense à vous, à nous. Tu es un grand homme. Tu es mon meilleur stabilisateur d’humeur au monde. Je te remercie d’être là, toujours présent, d’être mon pilier, mon grand arbre bien enraciné. Je t’aime.

 

Article révisé par Les rédactions JC.

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